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A PROPOS D'IKIMASU

Lorsque le Japon s’ouvrit au reste du monde sous l’ère Meiji à partir des années 1860, celui-ci suscita un certain engouement chez les Français qui venait de signer avec lui, le 9 octobre 1858, un « Traité d’amitié et de commerce ». A vrai dire, cet engouement fut tel qu’Edmond de Goncourt parla dans son journal, le 19 avril 1884, de « japonisme ». Si fort, même, que dans le Paris des années 1900, on ne comptait plus les salons de thé japonais…

Puis, comme avec « l’Orient » et le mouvement littéraire qui l’encensa ad nauseam, l’ « orientalisme », le soufflé retomba, le Japon passa de mode et les Français se passionnèrent pour d’autres contrées, plus ou moins exotiques. Bien sûr, il n’en continua pas moins, tout au long du XXème siècle, de fasciner de nombreux Hexagonaux, dont Paul Claudel et d’authentiques cinéphiles séduits par le cinéma de Kurosawa, Ozu et Mizoguchi. Néanmoins, son étoile pâlit. En outre, comme l’Archipel eut la mauvaise idée de s’en prendre aux Etats-Unis d’Amérique en 1941 durant la Seconde Guerre mondiale pour finalement capituler face à eux en 1945, son rayonnement culturel, corollaire de son poids géopolitique, diminua sensiblement. Si bien qu’à l’orée des années 1980, parler de « soft power japonais » pouvait, dans le meilleur des cas, passer pour une aimable plaisanterie.

Puis, à la surprise quasi générale, la France succomba de nouveau, dans les deux dernières décennies du XXème siècle, aux charmes du Japon, plus exactement à ceux de ses mangas (Dragon Ball Z, Akira, Ghost in the shell), de ses films de « J-Horror » (Ring, Kairo, Grudge, Dark Water), de ses anime (les films des studios Ghibli), de ses sushis et makis… Un phénomène désormais connu sous le nom de « Cool Japan ».

Une nouvelle fois, donc, les Français réussirent à témoigner un fort engouement pour le pays du Soleil levant. Mais comme lors de la première « Japonmania », ceux-ci ne perçurent le Japon qu’au travers d’un prisme le déformant au point de le caricaturer, cruellement qui plus est. En effet, comme à la fin du XIXème siècle et à la Belle Epoque, les Français ne virent au mieux que la partie émergée de l’iceberg nippon. Or, si le Japon n’est assurément pas dissociable des adolescentes à couettes et petites culottes apparentes qui peuplent ses manga, de Sadako Yamamura, de Pikachu, des otaku et des « love hotel », il ne saurait outrageusement être réduit à cela, à une sorte d’asile de fous, plus ou moins inoffensifs, accrocs à la superficialité. Le Japon, ce n’est pas que le pays où l’on a inventé le sushi. Ce n’est pas non plus une terre où l’on continue de s’éventrer à tout bout de champ, comme le firent naguère ces 47 rōnin, aussi connus sous le nom des « 47 samouraïs ». C’est encore moins la somme de préjugés et d’images d’Epinal que l’on se transmet en France de génération en génération. En réalité, le Japon, c’est tout cela à la fois : des comportements oscillants entre le franchement bizarre et le grandiose ;  une vacuité confondante côtoyant une intériorité revigorante. C’est aussi, et surtout, bien plus encore. Tellement plus encore.

Ce Japon tel qu’il demeure encore trop méconnu, c’est celui qu’Ikimasu aimerait vous faire découvrir jour après jour. Alors, si vous souhaitez voir le Japon sous un autre jour, empruntez avec nous la nouvelle voie qu’Ikimasu vous offre pour aller vers ce pays véritablement surprenant, dans le plus noble sens que ce dernier terme peut accepter.

La Rédaction