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Au Japon, beaucoup d'animateurs perdent leur vie à la gagner

Mis à jour : 13 juin 2019



1 600 euros. C’est en moyenne ce que gagne au Japon un « animateur », un créatif spécialiste du mouvement dans les dessins animés. Comparé au salaire mensuel moyen (2614 euros) de ce pays où la vie coûte cher, c’est un emploi assez mal payé. Comparé aux conditions de travail, c’est même très peu cher payé. Celles-ci sont en effet rudes, à l’exemple de ce cas certes extrême mais significatif d’un employé de Madhouse qui a entamé en avril une procédure contre le studio après avoir travaillé 393 heures par mois pour un tel salaire mensuel. Pourtant, le secteur de l’anime – les séries ou films d’animation – est florissant dans l’Archipel (15 milliards d’euros de recettes pour la seule année 2017). Il s’exporte même très bien, sous la houlette du gouvernement nippon qui a décidé récemment de faire du « Cool Japan » un instrument de prédilection de son soft power - une façon « douce » d'influencer indirectement le comportement d'un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques), théorisée par Joseph Nye.