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Avec Digi Police, les frotteurs japonais vont-ils enfin se faire piquer ?


Digi Police, une application conçue pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun a été téléchargée plus de 200 000 fois, en seulement quelques jours après son lancement au Japon.


Le métro et le RER parisiens ne sont en effet pas les seuls transports en commun au monde où pullulent les adeptes du « frotteurisme », une déviation ou perversion sexuelle caractérisée par l'acte répété de toucher ou de se frotter contre des femmes habillées, généralement dans des lieux publics très fréquentés. Au sein de l’Archipel, plus particulièrement à Tokyo, ceux-ci font vivre un enfer aux japonaises prenant les transports en commun, en dépit des peines de prison (jusqu’à six mois) et des amendes (pouvant atteindre 500.000 yens plus de 4 000 euros) qui les guettent.


Selon Associated Press, en 2017, la police métropolitaine de Tokyo a enregistré près de 1 750 cas d'attouchements dans les trains de la capitale. Un phénomène si massif que, depuis 2005 des wagons exclusivement réservés aux femmes ont été mis en service sur plus de quatre-vingts lignes… Dans la mesure où rien ne semble à même d’arrêter les « frotteurs », souvent des hommes éduqués et mariés selon plusieurs études sociologiques, Digi Police devient donc l’ultime recours pour celles qui, auparavant, n’en avaient pas ou peu. Initialement créée par la police de Tokyo pour avertir les personnes âgées vulnérables des escroqueries financières, celle-ci permet désormais aux victimes de gestes déplacés d'alerter les autres passagers tout en restant silencieuses.


Un dispositif qui ne fait pas cesser les attouchements mais qui, au moins, favorise l’identification de ceux qui en sont responsables et peut-être, à plus ou moins long terme, leur condamnation...