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Décès de Monkey Punch : la Grande Faucheuse vole son père au plus célèbre monte-en-l’air nippon

Depuis de nombreuses années, il résidait à Sakura, dans la préfecture de Chiba. Il s’appelait Kazuhiko katō et ce n’est qu’à contrecœur, sur les conseils de son éditeur, qu’il choisit d’utiliser le pseudonyme de Monkey Punch (« coup de singe »), nom sous lequel le connaissaient ceux qui, en France, attendaient sur FR3 les aventures d’Edgar, son « détective cambrioleur ». Il s’est éteint le 11 avril 2019, à l’âge de 81 ans, d’une pneumonie.




Né en 1937 à Hamanaka, dans la préfecture d’Hokkaido, Kazuhiko katō était parti à Tokyo pour trouver du travail une fois le lycée terminé. Installé dans la capitale nipponne, il avait toutefois jugé préférable de passer un diplôme de technicien en électronique, précieux sésame pour travailler dans l’audiovisuel nippon.


Auteur en 1965 d’une première œuvre, Playboy School, signée sous le pseudonyme d’Eiji Gamuta, ce ne fut véritablement qu’avec Lupin III, série publiée par le magazine Weekly Manga Action, qu’il commença une carrière de mangaka (1).




L’utilisation du patronyme du plus célèbre des gentlemen cambrioleurs sans l’accord des ayants-droit de Maurice Leblanc, le père d’Arsène Lupin, lui valut bien quelques tracas. Mais rien de suffisamment sérieux pour empêcher l’adaptation de sa bande-dessinée en animé pour la télévision. Un compromis fut trouvé : puisque dès le départ présenté dans l’archipel comme petit-fils d’Arsène Lupin, Lupin III pourrait continuer d’être ainsi nommé ; pour le reste du monde en revanche, ce serait « Edgar de la cambriole » ou, en France, « Edgar, le Détective cambrioleur ».



Forte de 129 épisodes, réalisés entre 1967 et 1972, la série assura notoriété et célébrité, tant au Japon que dans le reste du monde, à celui que l’on connaît désormais sous le nom de Monkey Punch.


Immortalisé en 1979 au cinéma par Hayao Miyazaki, le maître japonais de l’anime (2), dans ce Château de Cagliostro visible dans les salles hexagonales depuis seulement peu de temps (3), le monte-en-l’air nippon imaginé par Monkey Punch a par ailleurs connu une consécration au grand écran.


Par la suite, ce dernier créa de nouveaux personnages, adapté en série d’animation, comme par exemple ceux de Cinderella Boys. Souhaitant transmettre son art, il devint professeur à l’Université Otemae, puis professeur invité à l’Université de Technologie de Tokyo.


Quentin Millet


(1) Auteur de manga, bande-dessinée japonaise.


(2) Série d'animation ou un film d'animation en provenance du Japon


(3) Lire l’article d’Ikimasu : « Le Château de Cagliostro : un concentré du style Miyazaki dès les origines »