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Dans le primaire comme dans le secondaire, les enseignants japonais travaillent beaucoup


Les enseignants japonais travaillent beaucoup, peut-être trop. C’est en tout cas ce que laisse à penser une récente enquête de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE).


C’est la très sérieuse « Enquête internationale de l’OCDE sur l’enseignement et l’apprentissage » du 19 juin 2019 qui l’établit, les enseignants japonais, plus particulièrement ceux du primaire et du secondaire, sont de véritables bourreaux de travail. Les premiers travaillent en moyenne 54,4 heures par semaine, encadrement des activités parascolaires et tâches administratives inclus, contre 56 heures pour les seconds. Des chiffres qui n’ont fait qu’augmenter depuis 2013 (+ 2, 1 heures) et placent les Japonais en tête d’une longue liste de pays où enseigner devient plus qu’une vocation : un sacerdoce. Des chiffres, aussi, qui laissent présager une épidémie de burn-out, "syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès”, récemment reconnu comme tel par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).


Dans cette enquête, les enseignants japonais sont en effet loin devant leurs homologues des 48 pays étudiés par l’OCDE, dont la semaine de travail est en moyenne de 38, 3 heures. Et si, avec leurs 51 593 dollars américains par an en moyenne, les enseignants nippons du secondaire semblent en revanche mieux gagner leur vie que les enseignants français (37 450) ou suédois (44 891), ce n’est vraisemblablement qu’une apparence. En effet, s’ils parviennent à ce niveau de salaire, c’est grâce aux nombreuses heures supplémentaires qu’ils acceptent d’effectuer, « prolongations » qui alourdissent leurs semaines déjà chargées.


Ces heures supplémentaires, le ministère japonais de l’éducation avait manifesté la volonté en janvier dernier de les limiter. Mais dans un pays où celles-ci sont encore dans l’ordre des choses, toutes professions confondues, ce n’est peut-être pas demain la veille que les enseignants japonais travailleront un peu moins.


Quentin Millet