• IKIMASU

« Je veux manger ton pancréas » : un film d’animation qui a de l’estomac

Pas encore à l’affiche des cinémas français, sa sortie dans les salles obscures de l’Hexagone étant prévue pour le mois de novembre 2019, « Je veux manger ton pancréas », du japonais Shinichirou Ushijima, était au programme du festival « Les Saisons Hanabi » (Lire ICI). Le sentiment d’Ikimasu infojapon.


« Je veux manger ton pancréas ». C’est un titre pas banal, pour un film d’animation. A la fois incongru et intrigant. Mais pas plus que « Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir », nom que le réalisateur Philippe Clair a cru bon de retenir pour intituler un nanar sorti en 1984, avec Jerry Lee Lewis et Jackie Sardou. Il faut toutefois concéder qu’il y en avait peut-être de meilleurs que celui-là pour nommer une production qui, contre toute attente, s’avère plutôt agréable à regarder si l’on n’a pas la larme trop facile.


Car, à rebours de ce que le titre pouvait laisser à croire, le film d’animation de Shinichirou Ushijima n’est pas gore, encore moins sanguinolent. Il est au contraire touchant. Très touchant. Peut-être trop, diront certains, peu habitués à découvrir que leurs glandes lacrymales peuvent s’avérer parfois incontrôlables.


Tiré d’un roman éponyme de Yoru Sumino (Lire ICI), adapté par la suite en manga, Je veux manger ton pancréas raconte la brève relation entre une lycéenne condamnée par une maladie incurable du pancréas (Sakura) mais paradoxalement débordante de vie, et l’un de ses camarades de classe, plutôt introverti, taiseux, solitaire, voire ténébreux. Un garçon dont on ne saura le prénom qu’à la fin, pour des raisons qu’on vous laisse découvrir.


Avec une telle histoire, le film d’animation de Shinichirou Ushijima aurait très certainement pu sombrer dans le larmoyant à tendance glauque. Il échappe fort heureusement à cet écueil. Il s’avère même souvent drôle. A la fois léger et tragique, insouciant et pénétrant, il nous promène ainsi d’une émotion à l’autre. Un circuit ressemblant plus à des montagnes russes qu’à une promenade de santé. C’est même là toute sa force. Une force qui, c’est remarquable semble se nourrir du contraste entre la noirceur du sujet abordé et la luminosité d’images particulièrement saisissantes, presque sidérantes à certains moments. Dans tous les cas, on est loin, très loin des histoires de lycéens japonais des mangas ordinaires, souvent plus puérils qu’autre chose, qu’on peut regarder en accéléré sans craindre de rater une scène importante.



Bien sûr, le fait d’avoir à s’essuyer discrètement le coin des yeux, voire de se moucher régulièrement pour les plus sensibles, est assez gênant, pour ne pas dire agaçant. En tous les cas, si vous y allez pour être ému aux larmes ou ressortir bouleversé par ce que vous êtes en train de voir, ce film d’animation est pour vous. Même si vous n’êtes pas « très manga » ou « très dessin animé », surtout lorsqu’ils proviennent du Japon.


Samuel Bon