• IKIMASU

« La fille de la supérette », le désopilant sushi littéraire d’une romancière japonaise

L’été, ça sert aussi à lire. Pour se détendre, se changer les idées ou réfléchir sans non plus se prendre la tête. Une petite suggestion de lecture : un roman de l’écrivaine japonaise Sayuka MURATA.



Ikimasu peut vous le dire sans craindre un instant de vous priver du plaisir que procure la lecture de ce court roman, l’héroine, Keiko, travaille depuis dix-huit ans dans un konbini.


Vous ne le savez peut-être pas encore, le mot de « konbini » est l’abréivation de konbiniensu sutuoa. En anglais, on dirait « convenience store ». Chez nous, on nommerait cela « commerce de proximité » si l’on veut « faire style », « supérette » si l’on aime aller au plus simple.


Celui dans lequel Keiko est vendeuse est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur 7. Il représente toute sa vie. Keiko pense tout le temps à « son » konbini. C’en est même assez flippant.


Présenté comme ça, Ikimasu ne vous donne peut-être pas l’irrépressible envie de vous précipiter chez votre libraire le plus proche pour faire l’acquisition de ce roman, même si vous savez que son auteur, Sayaka MURATA, collectionne les prix littéraires, dont l’équivalent japonais de notre Goncourt, le prix Akutagawa. Veuillez pourtant considérer que c’est très drôle, en plus de mettre en perspective les rapports, parfois délicats, que nous entretenons tous avec le reste de nos congénères, toujours prompts à nous dicter notre conduite, régimenter notre vie, se mêler de ce qui ne les regarde pas. Sachez aussi que c’est écrit avec une plume légère et que, franchement, c’est une lecture qui fait du bien par où que ça passe. Comme la très bien dit la Librairie Delamain de Paris : un « sushi littéraire : surprenant au début, froid en apparence, et très vite addictif… ».


Estelle Viard


Sayaka MURATA, La fille de la supérette, Gallimard, coll. « folio », (2016) 2019, 143 p – 6,80 euros (prix public conseillé)