• IKIMASU

Lala Pipo, d’Hideo Okuda ou… Welcome to the Japanese Jungle


L’été, ça sert aussi à lire. Pour se détendre, se changer les idées ou réfléchir sans non plus se prendre la tête. Une petite suggestion de lecture.


Il est finalement plutôt bien choisi le titre ce roman qui, a priori, ne correspond à aucun locution sensée, même chez Jean-Claude Van Damme. Pourquoi ? Ça, c’est à vous de le découvrir. Comment ? En le lisant de bout en bout, tout simplement. Pour une fois qu’un roman mérite qu’on se jette dessus toute affaire cessante, ça serait criminel de divulgâcher, juste pour vous prouver qu’Ikimasu a fait plus que lire le résumé de la quatrième de couverture.


S’il ne faut donc pas compter sur nous pour vous priver de la jouissance que procure la lecture de ce roman inlâchable une fois celui-ci commencé, il y a quand même un ou deux trucs que nous pouvons vous dire.


L’écrivain japonais qui a écrit ça, Hideo OKUDA, n’est assurément pas un manchot. C’est même un écrivain digne de ce nom. C’est-à-dire tout le contraire de ceux qui d’ordinaire nous pompent l’air avec une introspection d’eux-mêmes déguisée en roman à clef ou, pire encore, à thèse. Hideo OKUDA, manifestement, ne fréquente pas que les beaux-quartiers de Tokyo pour y dîner avec des gens comme lui et cultiver l’entre-soi. Il semble même connaître sur le bout des doigts les bas-fonds et milieux plus ou moins interlopes de la capitale nippone qui, sous sa plume, devient presque un personnage, comme l’est Washington dans la série House of Cards. Surtout, son écriture et sa façon très originales de raconter des histoires sont rien moins qu’une forme de bonheur à exécution successive.


Même s’il date de 2005, Lala pipo n’a vraisemblablement pas pris une ride, du moins si l’on en croit les signaux, tous concordants, qui nous viennent ces derniers temps de l’Archipel. Et croyez-nous, ça arrache sévère. Il valait d’ailleurs mieux vous prévenir. Comme ça, si vous carburez d’ordinaire aux caramels mous posés sur un radiateur de Guillaume Musso ou Marc Lévy, vous ne pourrez pas nous faire le reproche de vous avoir suggéré de lire ce livre.


Estelle Viard


Hideo OKUDA, Lala pipo, Seuil, coll. « Points », (2005) 2016, 285 p – 7, 40 euros (prix public conseillé)