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Le développement des embryons chimères humain/animal au Japon

Le 24 juillet 2019, le gouvernement japonais a autorisé la création de chimères humain/animal au-delà des 14 jours établis jusqu’alors. Ceci donne de nouvelles perspectives au Professeur Hiromitsu Nakauchi, chercheur à l’université de Tokyo et à l’université de Stanford (Etats-Unis), pour ses recherches de créations d’organes humains dans des corps animaux.


Le Professeur Hiromitsu Nakauchi

C’est en effet le souhait du Professeur Hiromatsu Nakauchi : trouver le moyen de créer des organes humains. L’objectif à terme étant d’apporter une solution aux nombreux patients en attente de greffe. Entre le Japon et les Etats-Unis, le scientifique travaille depuis longtemps déjà en vue du développement d’un organe humain dans un corps animal.


Les premiers travaux sur les embryons chimériques ont débuté dans les années 1970, avec la recherche d’une meilleure compréhension de la formation de la crête neurale par la chercheuse française Nicole Le Douarin. Les chimères humain/animal sont des embryons hybrides. La technique consiste en l’introduction de cellules souches humaines dans un embryon animal, créé en laboratoire dans le but d’être implantés dans un utérus animal. L’embryon animal a préalablement été modifié afin qu’un organe précis ne s’y développe pas, permettant ainsi le développement, à la place, de l’organe humain.


Si des résultats ont déjà été concluants pour la fabrication d’organes entre deux espèces animales différentes et que des greffes de ces organes ont déjà été réalisés avec succès sur des animaux, on est encore loin de la solution espérée par le Professeur Hiromatsu Nakauchi d’un organe humain développé dans un corps animal d’assez grande dimension, tel le porc par exemple, pour pouvoir être greffé à l’homme.


Le 1er mars dernier, le Japon autorisait la création de chimère humain/animal pour une durée de 14 jours. Au-delà, les embryons devaient être détruits. La décision du gouvernement japonais du 24 juillet dernier d’autoriser la création de chimères au-delà de 14 jours devrait permettre aux scientifiques de franchir une étape supplémentaire dans leur compréhension du développement des organes, et ainsi, de faire quelques pas de plus vers la création d’organes humains dans un corps animal.


Les équipes du Professeur Hiromatsu Nakauchi, avancent à pas de loup dans le domaine, car il ne s’agirait pas de retrouver des cellules humaines ailleurs que là où elles étaient souhaitées, notamment dans le cerveau animal, ou encore de transmettre un virus animal à l’homme. Sans compter les questions éthiques que cela soulève et dont les chercheurs sont évidemment conscients.


Margot Barrat