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Le « Mizu Shingen Mochi », ou « Gâteau goutte de pluie » : une histoire d’eau

Mis à jour : 29 avr. 2019



Une simple goutte d’eau ! Comment être plus proche que cela de la nature ? De la simplicité ? De la pureté ? Comment être plus proche que cela de l’origine de toute vie ? Avec un simple gâteau…


Le « Mizu Shingen Mochi » est un gâteau dont l’ingrédient de base, l’ingrédient mis en valeur, réside dans l’un de nos quatre éléments terrestres. Celui que l’on met en premier de liste lorsqu’on les cite : l’eau, l’air, la terre, le feu… L’eau, élément avec lequel les Japonais ont un rapport des plus privilégiés, un rapport des plus ambigus aussi… De l’eau purificatrice des sento (bains publics) ou des onsen (bains de thermalisme), des temples shinto, des jardins ou des bassins zen à l’eau de tous les dangers de la mer avec ses tempêtes et tsunami, en passant par celle utilisée pour les rizières ou tout simplement pour le thé, l’eau est éminemment présente dans la vie des Japonais.


Grande Vague de Kanagawa (1830 ou 1831) de Katsushika Hokusai, présentant le Mont Fuji en arrière plan

A l’instar des wagashi (1), le « gâteau goutte de pluie » ou « gâteau eau » constitue une véritable poésie culinaire. Une douceur presque indescriptible selon ceux qui ont eu l’honneur de gouter le « Mizu » de l’un des deux salons de thé Kinsenken seika des Alpes japonaises, dans la préfecture de Yamanashi, d’où il est originaire. Rafraîchissant, délicat, léger, gouteux, le gâteau se change en eau dès qu’on l’a porté en bouche. Cependant bien loin des wagashi multicolores et multiformes, le « gâteau goutte de pluie » est livré dans une présentation des plus épurées qui soient puisqu’il s’agit d’une sphère translucide et incolore, quasi cristalline. Servi accompagné de sirop de sucre brun et de kinako (poudre de soja grillé), cette goutte d’eau légèrement sucrée est maintenue en forme par quelques grammes de kanten (agar agar).


Le Mizu est un gâteau éphémère qui disparaît au bout d’une demi-heure à température ambiante. Une nouvelle traduction de l’ichi-go ichi-e (un moment qui n’existe qu’à l’instant présent) ou encore du mono no aware (la sensibilité pour l’éphémère), déjà évoqués par Ikimasu concernant la courte période de floraison des cerisiers (2).

Margot Barrat


(1) Voir ICI l’article d’Ikimasu sur les wagashi.


(2) Voir ICI l’article d’Ikimasu sur les sakura.


Recette du Mizu Shingen Mochi


Ingrédients : 500 ml d’eau de source, 12 g de sucre, 15 g d’agar agar, sirop de sucre brun, poudre de soja grillé.


Préparation :

- Dans une casserole mélanger à l’eau le sucre et l’agar agar jusqu’à dissolution.

- Chauffer jusqu’à ébullition puis verser dans des moules sphériques.

- Laisser prendre plusieurs heures au réfrigérateur.

- Servir très frais au moment de déguster avec une cuillère à soupe de sirop de sucre brun d’un côté et une cuillère à soupe de poudre de soja grillé de l’autre.