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Les onsen : les thermes où la nudité est de rigueur

Au Pays du Soleil Levant, ces bains d’eaux chaudes d’origine volcanique permettent détente et reconnexion avec la nature.


Le Japon, terre de volcans s’il en est, est l’un des pays au Monde qui compte le plus de sources géothermales. Durant très longtemps, ces sources sont restées à l’état sauvage. C’est avec l’arrivée du bouddhisme, et avec lui la culture du bain à des fins de purification telle que déjà pratiquée en Inde à l’époque, que les onsen apparaissent sur l’archipel nippon, aux alentours du 7ème siècle. Mais ça n’est cependant qu’à l’époque Edo (1603-1868) que se démocratisera alors cette pratique, qui fait aujourd’hui partie intégrante de la culture populaire japonaise.


A l’intérieur ou à l’extérieur, en espace commun ou en espace privé, dans un onsen, si la nudité est de rigueur, ça n’est pourtant pas parce que l’on vient s’y laver le corps. Au contraire, pour pouvoir s’immerger dans ces eaux chaudes d’origine volcanique, il faut avoir fait sa toilette au préalable. Il en est d’ailleurs de même dans les sentō, bains publics japonais qui utilisent eux de l’eau apportée par des canalisations, voire dans les salles de bain privées des habitations particulières avant de pénétrer dans l’eau chaude de la baignoire. L’objectif de ces bains d’eaux thermales est donc plutôt de se détendre, de se reconnecter avec la nature, de purifier son âme, voire de se soigner – le thermalisme étant de longue date reconnu pour ses vertus thérapeutiques.


Tout comme les sentō, les onsen ont longtemps été mixtes. C’est avec l’ère Meiji (1868-1912), durant laquelle le Japon s’est ouvert à l’occident après une longue période de politique d’isolement volontaire – sakoku –, que la séparation des sexes a été instaurée. Aujourd’hui, quelques rares onsen mixtes se rencontrent encore dans des zones rurales du pays.


L’archipel dénombre actuellement quelques 3000 onsen, qui permettent aux Japonais comme aux touristes de profiter du thermalisme en toute saison, la température de l’eau – de plus de 25°C selon la loi – permettant de prendre un bain en extérieur même au beau milieu d’un paysage enneigé.


Margot Barrat