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"Ne coupez pas !" : le grand succès d'un film japonais à petit budget

Tourné par des étudiants d’une école d’art dramatique de Tokyo, Ne Coupez pas ! connaît un succès qui ne se dément pas et à vrai dire bien mérité !


Film « de genre » ? D’ « épouvante » ? D’ « horreur » ? De « zombies » ? « Gore-fauché » ? Comédie ? Dans les chroniques dont il a fait l’objet, Ne coupez pas ! (One cut of the dead) a collectionné les qualificatifs. A bien y réfléchir, tout n’était pas à côté de la plaque dans ce qu’a pu lire Ikimasu, après avoir vu le film. Le premier long-métrage de Shin’ichiro Ueda (1) est un peu de tout cela à la fois. Il serait donc injuste de le réduire à une catégorie en particulier. En effet, en mêlant diverses influences, il fait exploser la taxinomie discutable dont usent ceux qui ne peuvent s’empêcher d’assigner le monde à des résidences conceptuelles étroites.


Indépendamment, donc, des tiroirs dans lesquels d’aucuns tentent de le ranger pour satisfaire leur besoin de classer et d’étiqueter les choses, Ne Coupez pas ! est surtout un très bon film, qui donne envie de découvrir ce qu’un rafraîchissant ouvrage sur le cinéma japonais appelle « les jeunes générations » (2). Tourné en huit jours par des étudiants de l’école d’art dramatique Enbu Seminar de Tokyo, avec presque rien (un budget d’environ 25 000 euros), Ne coupez pas ! réussit le tour de force de surprendre et de ravir. Le public, qui n’a pas forcément des goûts de chiotte, n’en déplaise aux producteurs, ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisqu’à ce jour Ne Coupez pas !, dont la notoriété va croissante, a fait des millions d’entrées au Japon et collectionne les prix des (bons) festivals de cinéma.




Aussi inventif que drôle et trépidant, Ne coupez pas ! n’a pas fini de vous étonner. Mais comme il serait littéralement criminel de vous priver du plaisir qu’il procure en vous racontant ce dont il parle, vous comprendrez qu’Ikimasu se borne à simplement vous recommander de le voir dès que possible, de préférence sans a priori.


Samuel Bon


(1) 2017. 96 mn

(2) Max Tessier, actualisation de Frédéric Monvoisin, Le cinéma japonais, 3ème édition, Armand Colin, coll. « Focus cinéma », (2008) 2018, p 134 et s.